Chroniques Nîmoises

La Fête du Pois Chiche – Panisses et Poichivari

17, 18 ET 19 MAI : LA FÊTE DU POIS CHICHE À MONTAREN & SAINT-MEDIERS.

Jusqu’à présent, Montaren-et-Saint-Médiers se résumait, selon moi, à l’Intermarché et son parking. Mes arrières-grands-parents habitant derrière ces derniers, je n’imaginais pas qu’il y ait un village au-delà de la rue accolée aux bouches d’aération du supermarché. Dans la vie, on ne faisait que passer devant Montaren, jamais plus. Car, oui, je pensais également qu’il fallait traverser le parking d’Inter pour entrer ensuite dans la commune. Et voilà qu’on m’annonce que je vais passer un week-end entier là-bas. Boule d’angoisse dans la gorge.

« Non, mais tu vas voir la Fête du Pois Chiche c’est génial !! ». On m’avait déjà prévenue il y a quelques années, j’avais alors voulu tenter l’expérience. A cause d’un déluge météorologique, la soirée avait été annulée. Résultat : j’avais passé la nuit à l’arrière d’un camion sur le parking d’un cimetière du coin. Je trouve glauque le simple fait qu’il pleuve, je vous laisse donc deviner la couleur du souvenir.

Samedi 19 mai, 10 heures 15. La voiture de V.O.F.R. attend sous ma fenêtre. Joie, il fait presque beau. La veille, les concerts ont été annulés à cause de la pluie. On dirait bien que je m’apprête à voir quelque chose se passer à Montaren, quelque chose autre que le temps.

Premier point positif (me faisant le même effet à chaque fois), la route. Les champs de coquelicots s’enchaînent et il y a encore de l’eau dans le Gardon lors du passage dans les gorges. Soudain, légère tachycardie : on vient de dépasser l’Intermarché. Je suis face à l’inconnu.

 

« Prends la prochaine à droite !

– J’peux pas, y a un flic qui bouche l’entrée ! »

 

Rectification, nous ne sommes pas face à un flic mais face à un garde-champêtre. Un peu plus loin, on aperçoit le service de Poliche. Je ne comprends pas tout à fait ce qu’il se passe. Mais je tente de garder ma dignité en ne perdant pas mon calme.

Quelques minutes plus tard, la voiture garée, nous nous avançons vers un petit chemin afin de rejoindre la Place to Chiche dans l’idée de ne pas rater le début de la Poichichade. Première étrangeté (passé tout ce vocabulaire schtroumphesque évidemment, ne faisons pas comme si c’était une normalité, merci) : chaque personne croisée nous salue. Notre urbanité alliée à mon caractère me permettent de haïr chaque être humain sur cette Terre dès le premier regard de manière tout à fait naturelle. De fait, je ne comprends pas ces personnes et encore moins leurs sourires systématiques.

Sur ce parcours jonché de gens  gentils, nous rencontrons des elfes, un flamand rose de trois mètres de haut, des jeunes, des vieux, des enfants qui courent, des odeurs de panisses, Felix l’organisateur de tout ce grand spectacle de trois jours…

Nous y sommes. La foule est en délire face au départ de la Poichichade. Les fanfares fanfaronnent de tous leurs cuivres. Des chants en occitan sont entonnés par tout le public. Ne comprenant pas grand-chose à ce qu’il se passe, je me replie vers l’étal de l’épicier. Assis, un papy discute avec une mamie. Je me précipite vers eux avec en tête le stéréotype que les personnes âgées ne savent faire que râler. Manque de pot, ils m’ont raconté l’histoire du village, des jardins prêtés aux écoles, du temple et de l’église, du jour où a débarqué le garde-champêtre avec ses parents, de Félix « ce jeune qui permet au village de vivre », du Komité du Pois Chiche Masqué et tutti frutti avec le sourire et les rires !

Le temps de dire au revoir à mes nouveaux acolytes, il faut aller aux Petits Jardins avant que le Chichrémonial, organisé par le Ministère des rapports humains, ne commence. Et là, je fis face à quelque chose d’incroyable, de fascinant même… Un hymne au pet n’étonnant personne et repris en cœur par un public entier. J’imagine alors la force du sentiment d’appartenance dans le groupe social que représentait cette chorale !

Après cette scène, plus rien n’a pu m’étonner dans ce week-end montadiérois. Ni le M.I.P.C. (Musée International du Pois Chiche), ni l’Orgasmiche Poichivari Bachique, ni le kilo de panisses que j’ai ingurgité, ni cette gloire insatiable au Pois Chiche qui n’a d’égal de par le monde, ni la pluralité des artistes qui animent musicalement ce week-end, ni le dévouement et la sympathie de la multitude de bénévoles qui s’affairent jours et nuits, qu’il pleuve, qu’il vente, pour faire perdurer ce festival aux valeurs écologiques et humanistes.

 

Crédits :

Article : Channel

Photo : Philéas

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