Chroniques Nîmoises

Billet du Jour #23

Par Sarah

Sarah nous raconte son confinement. Brin d’humour, réalité sans tabous, tracas et joies du quotidien rythment ses billets.

Écrit le mardi 7 avril 2020.

Une bonne nuit de sommeil et ça repart.
Il n’y a pas à dire bien dormir ça répare.
Après un petit déjeuner copieux, la vaisselle traditionnelle, je prends l’option “appel à une amie” .
L’appel à la copine militante, et consciente des aberrations et des (in)décisions de notre gouvernement, fait gagner de l’énergie en explications des raisons de la colère.
” Ça fait des choix douteux aux moments les plus fatidiques. “
Sans langue de bois , sans pincettes, rien à faire de vexer les bourgeois.e.s…
Eux profitent de la crise pour partir dans leur maison secondaire ou pour faire fructifier leur affaire .
Pendant ce temps dans le 93 les “bougnouls” les “blacks “, les autres “étrangers ” et français d’origine X, se tapent toutes les tâches ingrates, les RER bondés, la toilette de mémé, le ménage de la Défense, le ramassage des déchets, les livraisons de pizzas 4 fromages, la construction de ta future cage dorée.
Pas le temps de flâner sur les quais de la Seine.
Oh comme par hasard la population du 93 est la plus touchée par l’épidémie, et par les violences policières
Elles, pour le coup n’ont pas pris l’air de la mer.
“Mais moi, je n’y suis pour rien, ce que j’ai, mon travail et mes biens, je les ai parce que j’ai pris des risques et mon destin en main”.
Facile de prendre ton destin en main quand tu n’es pas occupé.e à survivre dans ce système capitaliste qui t’assures à toi nourriture, santé, richesses, bénéfices, dividendes, gagnés à la sueur de leurs fronts.
Leur “jour d’après” , dans ce système machiste, raciste, et capitaliste est une vaste fumisterie !
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?
Demandons l’avis du public.
Réponse A :
Il n’y a pas de fric pour l’hôpital publique.
Réponse B :
Les petites mains et les sans dents ça coûte un pognon de dingue.
Réponse C :
Pas de masques, pas de tests, pas de chocolat.
Réponse D :
Science Po est une mine de Zéros.
Le feeling de l’animatrice :
Nos Zéros n’ont pas fini de nous prendre pour des cons.
Sinon j’ai mal au cul. À prendre au premier degré.
La selle du vélo, n’était pas très confortable .
Avec Loulou, sur des petits chemins, on a fait notre “déplacement bref lié à une activité physique” .
La droite et la gauche sont enfin pour elle des notions abordables.
On a lâché le guidon d’une main et levé les deux pieds des pédales.
Pas de chute, pas de gamelle, pas de mal.
Juste avancer en chantant, te donnant ce sentiment de vivre un moment inoubliable.
On a fini l’après-midi par un puzzle de Spiderman.
Puis, j’ai découvert qu’elle est caféinomane.
Pendant que j’avais le dos tourné, j’entends la machine à café.
“- Qu’est ce que tu fais ?
– Je me prépare un café maman. Z’aime trop !”
Voilà un mystère de résolu. J’ai trouvé qui finit mes fonds de tasses de café !
Pendant que je mets le gâteau au four, de nouveau, je ne l’entends plus.
C’est trop trop calme…
Je me retourne.
Et la voilà en train de repeindre en noir, à la gouache, la façade !
” T’as vu maman, ze fais comme papa, mais là ze crois que z’ai fait une bêtise.”
Petits, petits soucis, petites bêtises.
Grands, grand soucis, conneries à l’infini.
Et si on gardait notre âme d’enfant ?
Certainement que le monde se porterait mieux.
Portez-vous bien.

 

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