Chroniques Nîmoises

Billet du Jour #16

Par Sarah

Sarah nous raconte son confinement. Brin d’humour, réalité sans tabous, tracas et joies du quotidien rythment ses billets.

Écrit le mardi 31 mars 2020.

C’est calme ce matin. Le soleil n’est pas trop au rendez-vous.
J’ai le droit à une déclaration d’amour de Loulou.
“Maman je t’aime de tout mon amour, et de tout mon cœur.”
De quoi, quand même, être de bonne humeur.
Aujourd’hui, on s’organise autrement pour “l’école”.
Avec Marlée, on joue à la marchande. J’essaie de lui apprendre à compter la monnaie. “22 euros et 65 centimes” pour l’achat d’une paire de chaussures imaginaires.
On continu sur un exercice de géométrie : reconnaître et différencier les rectangles des carrés…
Loulou avec papa s’entraîne à écrire le 5, colorie 3 planches et 8 clous.
On finit par faire une pâte à crêpes.
On patiente une heure.
Marlée me file un coup de main pour les cuire.
Elle se débrouille comme une cheffe !
*
Je n’ai pas grand chose à raconter aujourd’hui pour tout vous dire.
Cette situation d’attente, en suspension, est lourde. L’incertitude est la seule certitude.
On verra si… peut-être que… on fait quoi en attendant…
Oui… je sais on reste chez nous.
L’épidémie (epi=au-dessus et demos = peuple), met tout sens dessus dessous.
On vit dans une drôle de société où tout tourne autour de ce mot en vogue: PROJET.
Projet de vie, projet professionnel, projet de vacances, projet de couple, projet d’enfants, projet d’action, projet d’activités, projet artistique, projet de société …
Si on s’intéressait à l’étymologie de ce mot ?
Pro signifie « en avant », et jacere, qui signifie « jeter » .
Littéralement , on jette en avant, une idée, un plan qu’on met en œuvre dans un avenir plus ou moins proche.
Pour cela, on se fixe des objectifs et des étapes, mais également un échéancier…
La blague.
On peut imaginer un idéal. Écrire les grandes lignes, mais pour le reste il y a trop d’équations à inconnues…
*
Mon objectif principal pour le moment est de trouver chaque matin la motivation nécessaire pour arriver jusqu’au soir.
Je m’accroche à de petits rien.
J’essaie de capter l’essentiel.
Je suis heureuse, j’ai eu un appel de mon amie Anne-Lise.
Je l’ai rencontré un soir d’hiver, lors d’une réunion particulière…
L’objet de la réunion n’était pas de reformer le groupe des Spice Girls…
Neuf meufs, se connaissant plus ou moins, donnèrent naissance à une association…
La dernière fois que je l’ai vu, on fêtait notre anniversaire, au Spot.
Autour des 4 heures du matin, survivantes, on discutait de la rigueur de l’écriture.
Je lui expliquais ma paresse.
“Perso, je n’arrive pas à écrire tous les jours”.
Elle me filait sa petite combine à elle, et me confiait ses propres galères.
Chère Anne-Lise… Regarde l’univers nous a entendu… Nous avons le temps…
Mais le temps est long. Le temps s’arrête. Le temps remonte.
La preuve, on est plusieurs à se mettre tou.t.e.s à écouter des musiques “que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître” …
Et, je vois fleurir des photos de profil de vos têtes de marmots.
On regarde en arrière pour puiser dans nos expériences, nos souvenirs un bout de ce temps qui nous échappe.
La mort invisible rôde avec ce virus.
On est là, avec ou sans enfants, avec ou sans travail, avec ou sans poils, avec ou sans dessous, face à notre propre petitesse…
Je me souviens au lycée d’un livre qu’on avait étudié :”Un roi sans divertissement”, de Jean Giono.
On l’avait étudié des heures
Ce dont je me souviens du roman de Mister J.G ?
Le thème central est l’ennui. Et que d’ennui certains en mouraient.
“Qu’on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l’esprit, sans compagnies, penser à lui tout à loisir, et l’on verra qu’un roi sans divertissement est un homme plein de misères.”
*
Je me souviens aussi, des cours de philosophie.
Mieux que celle du Roi lion, de Timon et de Pumba.
Un sujet de dissertation que ma mémoire n’a pas effacé :
” A-t-on besoin des autres pour exister ? “.
Allez, vous avez le temps que vous voulez pour y répondre.
J’ai déjà bossé dessus avec mon amie de toujours, Auré.
Évidemment, au dernier moment, la veille pour le lendemain, alors que notre prof , nous avez donné du temps…
D’ailleurs en passant, une petite dédicace, si vous lisez ce billet, Mr Guyard, merci pour le temps, l’énergie, et la philo que vous nous avez partagé.
*
Je vous souhaite à tous et toutes un bon divertissement.
On est ensemble, mais presque tout le monde chez soi…

 

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