Les chroniques de Channel

This Is Not A Love Song. Second day on the Flamingo

31 MAI : TINALS . JOUR 2

Le minois un peu moins frais que la veille, le cheveu un peu plus poussiéreux et une absence totale de vent. Serait-ce les premiers signes que la passion – dont je vous parlais hier – s’affaiblit ? Que nous cessons de faire des efforts l’un envers l’autre ? Je ne m’apprête plus pour le rejoindre et le TINALS me le rend en nous balançant un premier jour de vrai chaud auquel personne n’était préparé ! (Même pas Lou Doillon, mais ça on verra plus tard)

Le matin, j’ai eu peur, j’ai craint pour notre amour. Honteusement je l’avoue, j’ai cru un instant que c’était fini, que je n’étais plus assez forte pour cette relation. Mais vous pouvez cesser de tressaillir (oui, j’ai senti l’angoisse monter dans vos yeux) ! Le This Is Not A Love Song a pris les choses en main et m’a offert une journée aux petits oignons (on en revient au croquant et au piment d’Espelette !).

J’ai grandi depuis mon premier TINALS, sept ans dans la gueule, certes, mais sept ans dans l’apprentissage de soi-même aussi. J’ai donc écouté mon corps qui, entre deux crissements, hurlait (un peu à la manière de Céline Dion sur le ponton du Titanic) son envie de tout arrêter. Justement, comme par magie, une des membres de la Happy Team habillée en schtroumpf de lycra vient scander le démarrage de l’atelier Yoga Bière. Sur le chemin, je m’arrête à un food-truck qui propose des jus de fruits. Et oui pas de bière pour bibi qui partage son ventre avec un mini-être de 5 mois et demi et de 741 grammes (fierté maternelle étrange que de trouver mignon ce poids inférieur à celui d’une brique de lait). Ni une, ni deux – MENSONGE : j’ai mis plus d’un quart d’heure à choisir mon jus de fruits et huit minutes à choisir la taille du verre – je prends un grand verre de Mademoiselle, à savoir Fraise/Pomme/Menthe. Verdict : Allez-y les yeux fermés si vous en avez l’occasion d’ici la fin du festival ! Entre une position du chat et un salut au soleil, une gorgée dans le gosier. Les pintes d’I.P.A saluent également le ciel pendant qu’un homme en slip rouge fait son apparition. C’est le grand retour du fabuleux Sound Truck ! La camionnette la plus déjantée et hypnotique du festival.

Mon téléphone sonne, c’est l’appli TINALS qui me rappelle que la conférence « Indépendance et Féminisme » avec Chloé Delaume commence dans un quart d’heure. En arrivant sous les tentes, je découvre avec le sourire que le public est super divers, composé de femmes de tout âge. Les jeunes au maquillage pailleté s’assoient à côté de dames aux cheveux blancs. On est prêtes pour parler de sororité ! L’échange est passionnant, les interventions bienveillantes, intelligentes et réfléchies. On parle d’Indochine, de Madonna, Beyoncé, Christine and The Queens, de Courtney Barnett qui joue le soir même. En effet, la chanteuse demande aux équipes des salles de concerts où elle joue d’afficher un écriteau où elle explique que les gens sont ici en lieu sûr malgré les différences de chacun. Un appel à la tolérance qui donne encore plus envie d’aller l’écouter dans quelques heures ! Après avoir dit qu’il existait autant de féminisme que de femmes, Chloé Delaume, à la demande du public, se met à lire son Badaboum Manifesto. Frissons sur mes bras, pourtant dégoulinants de sueur poussiéreuse ! Les applaudissements résonnent alors que je m’en vais vers la scène Flamingo pour entendre Lou Doillon.

Je l’avais déjà vue il y a quelques années à Paloma pour son premier album « Places », c’était doux et calmement folk. En arrivant sur scène, Lou Doillon annonce la couleur plus rock de son nouvel album « Soliloquy » avec son pantalon rose fluo aux motifs de panthère ! On a l’impression d’être dans la B.O. idéale d’un Thelma & Louise version 2019. Sympa, elle répond à la quasi totalité des gens qui lui font des signes dans le public. Entre deux chansons, Lou Doillon, qui a grimpé quelques échelles de bronzage – coup de soleil ? – en seulement quelques minutes, lance un « Il fait bon, non ? » essoufflée avant de descendre la moitié de sa bouteille d’eau. Au moment où commence « Devil or Angel », je retourne vers l’intérieur de Paloma retrouver un peu de fraîcheur et regarder OPTM faire quelques balances.

Très rapidement ce sont les désormais cultes Nina & Simone qui remplacent Valentin et Baptiste dans le patio. Les deux animatrices du blind test le plus cool de ta région (envoie PAILLETTES au 6 35 35) enchaînent les titres face à une foule qui se prend au jeu en moins de deux. Un petit groupe KamelOualise (verbe dans le dico depuis 2003) toute l’assemblée, tant sur du Diam’s, que du Bach ou du Agar Agar. Le zénith du blind test se déroule sur la Grenade de Clara Luciani, une chorégraphie prend forme sous l’influence de Nina ou Simone (qui est l’une, qui est l’autre?) et s’empare d’une cinquantaine de personnes qui miment alors chaque mot avec une justesse presque flippante !

Le temps d’un burger grandiose aux frites tout aussi sublimes, une nouvelle notification apparaît sur mon téléphone : Rendez-vous dans le patio dans 14 minutes pour le concert d’OPTM. Comme d’habitude, les fans sont au premier rang avec la panoplie : tee-shirt OPTM, stickers OPTM, tatouages au tampon OPTM, … Les voix-off de vieux films démarrent suivies de près par la batterie et la guitare. Toujours le même plaisir de voir jouer le groupe sur scène. Déchaînés, la magie des garçons opère et le patio est très rapidement bondé. Ça secoue la tête dans tous les sens, ça hurle, ça applaudit. Avec VOFR, on repense à l’interview un peu bancal réalisé pendant la prima fresca l’année dernière à la veille de leur victoire de la bourse aux jeunes talents et on est franchement contents pour eux !

Même pas le temps de voir le concert se terminer, il faut courir à la scène flamingo pour Courtney Barnett. A l’heure où le soleil laisse place à la lumière rouge des fleurs géantes qui tapissent TINALS, je me retrouve à deux rangs de la scène. Car, oui, être enceinte offre ce pouvoir magique moïsesque qui me permet d’ouvrir la foule en deux rien qu’en pointant mon ventre vers l’avant. Le public est conquis, elle est formidable. C’est décidé : Quand je serai grande, je serai Courtney Barnett !

La fatigue commençant à s’emparer de moi, je flâne entre les scènes, les fat boys, les food-trucks, les festivaliers heureux, … Sans voir passer l’heure, je me retrouve dans le Club à 01 heure du matin, un peu par hasard sans connaître le groupe belge It It Anita. Niveau de joie de la découverte : +1000 ! C’était fou, je crois que je me refuserai même à écouter leur CD tant le live valait le coup ! Ce dernier concert de la journée a vu son chanteur et son batteur s’inviter au milieu de la foule, le public portant le fil du micro et les éléments de la batterie à bout de bras. Et la musique a repris, là, entourée par des fans chauds bouillants malgré la température extérieure ayant abandonné sa néo-canicule. La journée n’aurait pas pu mieux se terminer. Je rentre chez moi les oreilles bourdonnantes, les yeux brillants et le sourire aux lèvres de la troisième journée qui s’annonce.

Au programme samedi : la conférence « Indépendance hors format » avec FabCaro, Tanx et Miquel Clemente, le Tournez Manège animé par la Happy Team, l’atelier « Je chante faux, et alors ? » pour apprendre à devenir une show girl, et, côté musique, Wednesday Campanella, Genesis Owusu, Mick Strauss, Rinôçérôse, Cola Boyy et j’en passe comme dirait l’autre !

Je ne vous dis pas au revoir mais à demain pour des aventures toujours plus tinalsiennes concernant le (Ô tristesse!!) dernier jour du This Is Not A Love Song en étant toujours aussi in love des songs qui s’y jouent !

Article : Channel

Photos : Christopher Raimbert et Gilles Guilbert

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Pour plus d’infos :

Site Internet : thisisnotalovesong.fr

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